Un environnement par branche avec GitLab

Cet article a été co-écrit par Timothée AUFORT et Colin DAMON en live (partie 1 et partie 2), merci au chat pour l'aide et le soutien moral !

Dans la "guerre" des outils de CI/CD, GitLab a certainement gagné les dernières batailles ! Parmi les possibilités que nous apprécions tout particulièrement : déployer des "environnements" dédiés aux branches git pour leur donner un cycle de vie propre.

L’article ne sera pas centré sur les "environnements" au sens applicatif du terme (là où on déploie des applications, e.g. un Cloud provider) mais bien sur les "environnements" GitLab.

Petit rappel sur les pipelines

La première étape pour créer un pipeline GitLab dans un projet est d’ajouter un fichier .gitlab-ci.yml à la racine (il est possible d’importer d’autres fichiers de configuration GitLab dans le cadre d’un monorepo).

Un pipeline GitLab CI est composé de jobs ordonnés par des stages. Chaque job permet le lancement de scripts dans lesquels nous allons pouvoir tester / builder / déployer le code de nos branches git. La grande idée, maintenant très répandue, de GitLab CI était de lancer les jobs dans des images docker. On a donc accès à tous les outils du marché sans installation ni maintenance complexe.

Laisser GitLab gérer vos branches git

Si au quotidien, vous avez l’habitude de faire des :

git checkout -b myFeature

Nous vous conseillons de laisser GitLab le faire. Nous allons donc commencer par la création d’une issue dans le board du projet :

Ensuite, il suffit d’ouvrir cette issue et de créer une Merge Request (MR) associée :

Nous avons alors une Merge Request en draft sur laquelle faire nos contributions :

Il faut maintenant récupérer les branches distantes en local :

git fetch -p

-p pour prune -> supprimer en local les branches supprimées à distance.

Puis aller sur notre branche :

git checkout 2-create-first-gitlab-pipeline-in-project

Le point intéressant est bien là : la branche commence par un numéro presque unique (l’ID du ticket GitLab précédemment créé) que l'on va pouvoir utiliser pour identifier notre environnement !

Attention : si vous faîtes plusieurs branches pour un même ticket GitLab, ce numéro sera réutilisé pour vos 2 branches. Notre but étant d'obtenir des identifiants uniques pour les environnements GitLab, nous vous déconseillons de faire plusieurs MRs pour un seul ticket.

Les environnements et les déploiements

L’ensemble du code présenté ci-dessous se trouve sur ce repository GitLab.

Maintenant que nos branches ont un nom unique avec un identifiant facilement récupérable, nous pouvons créer un premier pipeline simple :

stages:
  - test

.git_branch_short: &git_branch_short |
  export GIT_BRANCH_SHORT="$(echo ${CI_COMMIT_REF_SLUG} | cut -d '-' -f1)"
  echo "GIT_BRANCH_SHORT: ${GIT_BRANCH_SHORT}"

test:
  stage: test
  image: alpine:latest
  before_script:
    - *git_branch_short
  script:
    - echo "Run the tests on branch $GIT_BRANCH_SHORT"
  only:
    refs:
      - master
      - merge_requests

Nous utilisons ici la variable d'environnement CI_COMMIT_REF_SLUG qui fait partie des variables injectées dans les jobs par GitLab CI. Cette variable est calculée depuis une autre variable CI_COMMIT_REF_NAME qui représente le nom de la branche git. Elle est particulièrement adaptée pour être utilisée dans des URL. Dans notre cas d’exemple, CI_COMMIT_REF_SLUG=2-create-first-gitlab-pipeline-in-project.

Une fonction sh nous permet d’extraire uniquement le numéro de la branche et de le mettre dans une variable d'environnement : GIT_BRANCH_SHORT.

Pour éviter de définir plusieurs fois cette fonction, nous utilisons une feature de YAML qui permet d'insérer directement les instructions définies à l'endroit voulu avec &YOUR_ANCHOR pour la définition et *YOUR_ANCHOR pour l'insertion.

La partie only est là pour limiter les cas dans lesquels le job est lancé. Elle n'est pas obligatoire pour le bon fonctionnement de cet exemple mais nous vous recommandons fortement de limiter ces exécutions pour éviter une consommation inutile de ressources. Il est bien de noter qu’il est également possible d’utiliser la directive rules de GitLab qui est bien plus puissante que les directives only et except qui vont plutôt servir pour des cas simples.

Le pipeline n'a, pour le moment, qu'une étape :

Le nom de notre futur environnement apparaît bien dans les logs :

GIT_BRANCH_SHORT: 2

Nous pouvons avancer dans la création du pipeline pour ajouter un stage de build (qui construira nos livrables) et un stage de deploy qui sera, à terme, chargé de faire le déploiement effectif de notre solution :

stages:
  - test
  - build
  - deploy_integration

variables:
  DOMAIN: "git-branches-in-gitlab.fr"

.git_branch_short: &git_branch_short |
  export GIT_BRANCH_SHORT="$(echo ${CI_COMMIT_REF_SLUG} | cut -d '-' -f1)"
  echo "GIT_BRANCH_SHORT: ${GIT_BRANCH_SHORT}"

.default: &default
  image: alpine:latest
  before_script:
    - *git_branch_short
  only:
    refs:
      - master
      - merge_requests

test:
  <<: *default
  stage: test
  script:
    - echo "Run the tests on branch $GIT_BRANCH_SHORT"

build:
  <<: *default
  stage: build
  script:
    - echo "Build the application for branch $GIT_BRANCH_SHORT"

deploy_branch:
  <<: *default
  stage: deploy_integration
  script:
    - echo "Deploy the application to integration env"
    - DYNAMIC_ENVIRONMENT_URL="https://${GIT_BRANCH_SHORT}.${DOMAIN}"
    - echo "Env URL ${DYNAMIC_ENVIRONMENT_URL}"
    - echo "DYNAMIC_ENVIRONMENT_URL=$DYNAMIC_ENVIRONMENT_URL" >> deploy.env
  artifacts:
    reports:
      dotenv: deploy.env
  environment:
    name: branch-${CI_COMMIT_REF_SLUG}
    url: $DYNAMIC_ENVIRONMENT_URL

Dans le job deploy_branch, nous créons un environnement GitLab qui se prénomme branch-${CI_COMMIT_REF_SLUG}. Cet environnement apparaît notamment dans la liste des environnements GitLab dans le menu Opérations > Environnements :

Sur les lignes de chaque environnement, on peut voir 3 boutons d’action :

  • Le premier permet de consulter notre application. Ce lien est disponible grâce au fichier deploy.env dans lequel se trouve l’URL HTTP de notre application et que nous avons mis comme artifacts dotenv ;
  • Le deuxième permet de rejouer le déploiement de cet environnement ;
  • Le troisième permet de stopper l’environnement. Pour le moment, cette action aura simplement pour effet d'arrêter l’environnement dans GitLab.
Nous avons utilisé le map merging de YAML pour faire des "héritages" entre les jobs. Nous aurions aussi pu utiliser la directive GitLab extends qui est un autre mécanisme de parent jobs. L’avantage du extends est que l’on peut référencer un job défini dans un autre fichier .gitlab-ci.yml dans le cas d’un monorepo par exemple (ce qui n’est pas le cas du map merging).

Il est maintenant temps de "réellement" arrêter notre environnement via un nouveau job :

deploy_branch:
  # ...
  environment:
    name: branch-${CI_COMMIT_REF_SLUG}
    url: $DYNAMIC_ENVIRONMENT_URL
    on_stop: destroy_branch
    auto_stop_in: 2 hours

destroy_branch:
  <<: *default
  stage: destroy_branch
  variables:
    GIT_STRATEGY: none
  environment:
    name: branch-${CI_COMMIT_REF_SLUG}
    action: stop
  script:
    - echo "Destroy environment \"branch-${CI_COMMIT_REF_SLUG}\""
  only:
    refs:
      - merge_requests
  when: manual

Nous avons maintenant ce pipeline :

Et ce nouvel environnement :

Le nouveau job destroy_branch définit les scripts pour arrêter notre environnement. Un point d'attention cependant : il faut surcharger la valeur de la variable d'environnement GIT_STRATEGY à none pour éviter de cloner le repository git (ce qui ne sera pas possible si la branche a déjà été supprimée).

Si vous avez besoin de scripts présents dans votre repository pour le stage de destroy, il faudra les stocker dans les artifacts GitLab. Vous pourrez ensuite accéder à ces artifacts en utilisant les dependencies des jobs.
Nous avons aussi surchargé la partie only du job pour éviter une suppression de l’environnement lié à la branche master qui doit toujours rester allumé !

La directive on_stop: destroy_branch sur le job deploy_branch permet de définir le job à invoquer lors de la destruction de l’environnement GitLab.

La clé auto_stop_in permet un arrêt automatique de l'environnement après une période donnée pour éviter de payer pour un environnement inutile. Il sera toujours possible de le redéployer au besoin. On peut aussi empêcher cet arrêt automatique en cliquant sur l'épingle qui est apparue dans les environnements.

Et... c'est tout ! Enfin, il faut remplacer les scripts qui font des echo par de vrais scripts qui gèrent nos déploiements et nos destructions. Vous avez maintenant un cycle de vie GitLab avec des environnements par branche git !

Quid du déploiement continu jusqu’en production ?

Avec les outils à notre disposition, les réelles difficultés aujourd’hui sont méthodologiques et organisationnelles. Il faut des méthodologies nous donnant une confiance absolue dans nos développements et une organisation prête à accepter ce changement de paradigme !


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