Le tri de cartes (card sorting en Anglais) : une méthode utilisée en conception centrée utilisateurs

L’approche UX (User eXperience ou Expérience utilisateur) est utilisée pour impliquer l’utilisateur au centre de nos réflexions lors des différentes étapes de réalisation d’un produit.

Un produit est de qualité lorsqu’il répond aux usages et objectifs des utilisateurs dans un contexte précis.

De très nombreuses méthodes et outils dans l’approche UX existent pour nous aider à répondre aux besoins et attentes de la cible.

L’utilisateur est pratiquement toujours impliqué dans ces différentes méthodologies.

Le tri de cartes est une technique parmi d’autres qui intervient en phase de conception d’un projet et qui implique directement l’utilisateur.

En quoi consiste exactement le tri de cartes ?

Le tri de cartes a été au départ utilisé pour observer la manière dont l’humain structure ses connaissances. Cette technique est utilisée aujourd’hui dans différents cas d’utilisation : organisation de documents administratifs, fiches de cours, dans une bibliothèque pour organiser le rangement de livres… Dans un produit de type application Web, cette technique nous sert à définir l’architecture de l’information (AI).

L’AI représente une structure cohérente de l’information, cette structure doit être compréhensive par la plupart des gens. (Cf. Définition de l’architecture d’information).

Je me suis rendu compte qu’en parlant d’arborescence, mes interlocuteurs saisissaient mieux la signification d’une architecture de l’information.

Le principe de base du tri de carte consiste à recopier les contenus sur des cartes et d’ensuite demander aux utilisateurs de classer ces contenus dans des groupes.

Les utilisateurs pourront ainsi nommer ces groupes en fonction de leurs hypothèses de classement.

Les différents types de tri de cartes existants sont :

  • ouvert : le classement des informations dans les groupes (nommés par les utilisateurs) est libre
  • fermé: le classement des informations s’organise dans des groupes déjà définis
  • q sorts : un ordre de classement est demandé aux utilisateurs
  • inversé : l’utilisateur essai de localiser un contenu dans une structure complète

Objectifs

  • Construire l’arborescence d’un site, intranet, portail, application, etc.
  • Permet d’orienter les décisions quant à l’affichage d’information sur une page d’accueil
  • Permet de catégoriser, de penser et concevoir une navigation

Exemple de déroulement d’une séance pour un tri de cartes ouvert

L’atelier tri de cartes peut se faire en ligne ou en « séance papier ». L’avantage de la séance papier est que les utilisateurs sont focalisés sur l’activité en elle-même. Elle peut toutefois durer plus longtemps qu’une séance en ligne.

Préparation des cartes

  • Les informations sont récoltées par un inventaire de contenus et sont inscrites sur des cartes. Ces informations peuvent être des phrases ou mots plus spécifiques.
  • Pour un projet qui doit proposer un grand nombre d’informations, le nombre de cartes peut être limité à 50 sujets.

Déroulement

  • Les profils sont accueillis par groupe et les consignes sont données (en fonction du type de tri de cartes utilisé).
  • Les utilisateurs trouvent les cartes mélangées aléatoirement ainsi que des post-it et stylos.
  • La séance se déroule à peu près sur une heure.
  • Les participants rentrent ensuite dans une phase de lecture et de réflexion pour organiser leurs tas de cartes et organiser ceux-ci par groupe et sous groupe si les contenus sont nombreux. L’organisation doit avoir du sens pour eux.
  • Une fois cette étape réalisée, il reste à nommer les groupes crées sur des cartes vierges (de préférence colorées pour se faire démarquer des autres cartes). Chaque participant argumente son choix et présente sa perception.

Etape d’observation

Il est intéressant d’identifier quelles informations sont les plus pertinentes pour les participants, si des contenus leur semblent manquer, etc. Ces observations ainsi que remarques et commentaires à voix haute doivent être annotés et pris en compte par un membre de l’équipe UX.

Analyse des données pour un tri de cartes de type « séance papier »

  • Un fichier est créé pour chaque session afin de recueillir chaque résultat. C’est ce qu’on appelle l’analyse quantitative : - Le nombre de cartes apparaissant souvent ensemble

  • Combien de fois une carte apparaît dans une catégorie

  • Une analyse qualitative doit être faîte basé sur les commentaires des participants.

Une analyse plus poussée peut être créée en fonction de la complexité du nombre d’informations/sujets proposés.

Les résultats sont ensuite partagés avec le reste de l’équipe UX et projet.

Conclusion

Il y a bien sûr des « best practices » à utiliser pour la méthode tri-de-cartes, celles-ci sont utilisées en fonction du type de projet et nature des contenus (nouvelle architecture, réorganisation,…) et plusieurs techniques peuvent être combinées dans cette phase, par exemple un tri de cartes ouvert en phase 1 de projet et un tri de cartes fermé en phase 2.

La méthode du tri de cartes est assez facile à mettre en place et à analyser mais elle peut néanmoins prendre du temps.

Le principal inconvénient du tri de cartes est qu’il n’est pas focalisé sur la tâche, il permet de structurer et organiser le contenu mais pas d’orienter en fonction des objectifs à atteindre par l’utilisateur.

Cette étape de préparation des contenus est très importante et, malheureusement, si une architecture d’information n’est pas pensée en amont, elle peut ralentir la phase de prototypage et de ce fait rallonger les délais de réalisation d’un projet.

Exemple d’outil pour un tri de carte en ligne :

X-sort (pour Mac uniquement) : http://xsortapp.com/

Exemple d’outil pour schématiser son arborescence :

XMind : https://www.xmind.net/

Références:

Web : http://www.usabilitynet.org/tools/cardsorting.htm

http://www.nngroup.com/articles/card-sorting-how-many-users-to-test/

Livre : Card sorting – Edition Eyrolles par Gautier Barrère et Eric Mazzone


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