Bitcoin et écologie : quand les opposés s’attirent

À l’attention de tous ceux qui débarquent ici sans avoir lu le premier article sur le sujet, disponible juste ici : Comprendre le minage de Bitcoin. Si vous n’êtes pas à l’aise avec les principes liés au minage de crypto-monnaies (en particulier Bitcoin), je vous conseille vivement d’aller lire ce premier article puis de revenir ici. Je vous attends sagement.

Mais si vous êtes déjà avertis ou que vous avez lu mon premier article, je pense que vous êtes : soit très impatient de savoir ce que j’ai à dire sur l’étroite relation entre le Bitcoin et l’écologie, soit vous pensez que je suis un fanatique prêt à tout pour vous convaincre que le Bitcoin est l’avenir. Alors oui, ça doit se ressentir, je crois fortement en l’avenir du Bitcoin et je ne pense pas qu’il soit une menace pour l’environnement, bien au contraire.

Néanmoins je comprends parfaitement que vous puissiez être sceptique, et pour être tout à fait honnête : cela m’arrange. Quel intérêt de s'adresser à un public déjà acquis à sa cause ? Je n’aurais rien à vous apprendre si vous étiez déjà convaincu par la promesse de Bitcoin.

Je vous propose donc, si vous le voulez bien, de commencer notre aventure dans le monde encore très jeune de l’impact social et environnemental du Bitcoin.

Cet article ne déroge pas à la règle de ses prédécesseurs, je vous propose donc un menu en 4 étapes :

  • Entrée : Consommation électrique du Bitcoin, saupoudrée d’une étude chiffrée
  • Plat : Duo de consommation de l’industrie des systèmes de paiements et du réseau Bitcoin
  • Dessert : Pièce montée d’écologie, fourrée à la pollution
  • Digestif : Solution issue de l'agriculture biologique 100% française

Consommation électrique du Bitcoin, saupoudrée d’une étude chiffrée

Si je faisais, comme beaucoup, de pseudo-analyses que l’on trouve sur la toile, je vous prendrai un de ces graphiques et je comparerai la consommation électrique du minage de Bitcoin à des pays.

https://ccaf.io/cbeci/index/comparisons

Comme nous pouvons le constater, effectivement le minage de Bitcoin (à date du 19 Octobre 2022) consomme beaucoup d’énergie électrique, légèrement plus que le Pakistan et un petit peu moins que les Pays-bas.

Avant de discuter autour de ces chiffres, replaçons-les dans le contexte mondial actuel. D’après l’Agence Internationale de l’énergie  (AIE), nous avons produit environ 27 044 TWh d'électricité dans le monde en 2019. Grâce aux études produites par l’université de Cambridge, le Cambridge Bitcoin Electricity Consumption Index (CBECI) : on estime la consommation mondiale d’énergie (tout type d’énergie confondu) à 173 000 TWh en 2019 également. Et d’après cette même étude, on estime à 106,5 TWh la consommation électrique annuelle du réseau Bitcoin en 2022. On peut donc estimer que Bitcoin représente 0,3% de la consommation électrique mondiale et 0,05% de la consommation d’énergie globale.

Effectivement, Bitcoin consomme beaucoup d’énergie, c’est indéniable. Cependant, sa consommation ne demeure pas moins infime si nous la rapportons aux chiffres de la consommation mondiale. Aussi, l'énergie consommée par le réseau Bitcoin assure sa robustesse et donc sa pérennité.

C’est une caractéristique intrinsèque à la sécurité quasi-parfaite du Bitcoin.

Prenons désormais un peu de recul. Pourquoi compare-t-on une industrie à un pays ? Comparons-nous la consommation électrique de l’extraction d’or à celle du Pakistan ?

Par exemple, il est difficile d’estimer précisément la consommation électrique de l’extraction d’or. Il faut être en mesure d’estimer la consommation de toutes les machines utilisées, des véhicules, des infrastructures, des serveurs pour échanger l’or papier, etc. Une fois de plus, l’université de Cambridge a fait le travail pour nous et a estimé que cette industrie consomme 131 TWh par an. Cela représente 24,5 TWh de plus que Bitcoin, soit 36% de consommation supplémentaire. On peut donc admettre que la consommation électrique nécessaire à l’extraction de l’or est très élevée et pourrait donc être problématique. De mon point de vue, j’expliquerai l’absence de scandale autour de ces chiffres par la réponse de l’or à différents besoins, bien que Bitcoin touche à ses platebandes.

À nouveau, cela n’a pas de sens de comparer la consommation d’une industrie à celle d’un pays, les deux entités n’ont rien en commun. Une industrie se doit d’être comparée à une industrie comparable, si elle existe. Malheureusement, c’est rarement le cas, sauf … pour le Bitcoin ! Eh oui, d'après le livre blanc originel produit par Satoshi Nakamoto, Bitcoin a pour mission d'être : "une version d'un système de paiement purement pair-à-pair permettrait des paiements en ligne directs d'une partie à l'autre sans passer par une institution financière."

Alors pourquoi ne pas simplement comparer les deux ? Pourtant, il y a encore 2 mois, personne ne l’avait fait mais une étude à ce sujet vient de sortir et elle est chiffrée (pour les allergiques aux chiffres, prenez un antihistaminique maintenant avant qu’il ne soit trop tard).

Cette étude a été réalisée en Avril 2022 par Michel Khazzaka, fondateur de Valuechain, société spécialisée en industrie des paiements, blockchain et crypto paiements. Elle a pour objectif premier de corriger les approximations d’une première étude produite par l’université de Cambridge : Cambridge Bitcoin Electricity Consumption Index (CBECI) que nous mentionnions plus tôt. En fait, cette étude présenterait des calculs théoriques sur le minimum, la moyenne et le maximum de la consommation électrique du réseau Bitcoin. Bien que la moyenne ne soit certainement pas complètement éloignée de la réalité, elle n’en demeurerait pas moins imprécise. L’étude affirme donc, qu'à sa date de sortie (juin 2022) la consommation électrique totale du réseau Bitcoin est de 88,95 TWh par an. Depuis, à date d'écriture de cet article (Octobre 2022), les chiffres ont été mis à jour et ce chiffre est estimé à 80,69 TWh par an.

Pourquoi pourrions nous nous permettre d’affirmer que cette valeur de consommation électrique est plus proche de la valeur exacte que le précédent rapport de CBECI ? Après tout, faisons-nous l’avocat du diable. Cette valeur semble sortie d’un chapeau. Pourtant, dans la suite de cet article, nous lui accorderons une faible marge d’erreur (5% seulement !) et considérons que c’est la plus précise que nous ayons à ce jour.

Il est très simple de connaître la puissance de calcul utilisée par le réseau en temps réel. Cette donnée est publique et accessible à tous. On connaît également les principaux modèles des machines disponibles sur le marché. Ils n’en existent que quelques dizaines et les modèles sont remplacés tous les 2 ans en moyenne; améliorant au passage la puissance de calcul qu’ils délivrent et leur consommation qui sont donc également des données connues. M. Khazzaka a donc cherché à connaître la proportion exacte des machines actives sur le réseau nécessaire pour atteindre la puissance de calcul actuelle. Une fois cette proportion déterminée, il ne lui restait plus qu’à additionner les consommations de chacune pour estimer la consommation électrique totale du réseau Bitcoin.

Duo de consommation de l’industrie des systèmes de paiements et du réseau Bitcoin

Partons maintenant du postulat que nous connaissons une valeur de consommation suffisamment  précise.,  Penchons-nous alors sur la comparaison, présente dans l’étude de M. Khazzaka, entre la consommation du réseau Bitcoin à celle d’une industrie auquelle nous pouvons réellement le comparer : le système monétaire et de paiement.

Cette étude a pour ambition de comparer l’entièreté des systèmes de paiement, des acteurs (banques), des intermédiaires (Visa, Mastercard), etc… au réseau Bitcoin et à sa consommation.

Attention, petit disclaimer ! L’étude que je présente n’est pas parfaite et ne doit pas être prise comme vérité absolue. D’autant que, contrairement à Bitcoin, il est très difficile d’estimer la consommation de notre système actuel. Néanmoins, elle permet d’avoir un ordre de grandeur comparable aux chiffres du réseau Bitcoin.

Nous avons donc des données de consommation électrique par secteur de l’industrie monétaire et des paiements. Les voici :

  • Création/impression de la monnaie : 17,61 TWh
  • Distributeur de billets : 47 TWh
  • Transport de fonds : 166 TWh
  • Terminaux de paiements : 72,8 TWh
  • Réseaux Visa/Mastercard : 71,7 TWh
  • Bureaux de banque : 175,3 TWh
  • Serveurs bancaires : 37,2 TWh
  • Data centers inter-bancaire : 31,3 TWh
  • Réseau interbancaire : 57,4 TWh
  • IT, Backend, frontend et PC bancaire : 40,84 TWh

La somme de toutes ces données nous donne une consommation de 717 TWh. Mais l’étude ne s’arrête pas là, bien au contraire. Elle ajoute un facteur  important, non négligeable même : les trajets des employés participant de cette industrie (e.g. banques, etc.). Ce chiffre est estimé à 1535 TWh qui pousse le total à 2252 TWh.

Autre point de réserve qui a également son importance : M. Khazzaka a volontairement exclu des calculs de la consommation du réseau Bitcoin tous les facteurs de consommation liés à la fabrication des machines (Asic) de minage, infrastructure des fermes, etc. Bien évidemment, il a été fait de même pour l’industrie monétaire et des paiements. Ont donc été exclus toutes l’énergie consommée pour construire les bâtiments, le matériel informatique, les data centers, etc. Pourquoi une telle omission ? Ces chiffres auraient été difficiles à obtenir et n'auraient pas été justes envers le système traditionnel qui comporte plus d’une centaine d'années d'infrastructure en évolution contrairement au Bitcoin. Ainsi, seule l’infrastructure nécessaire au maintien du fonctionnement de ces deux systèmes a été prise en compte.

Rappelez-vous, l’intérêt du Bitcoin et de l’industrie des paiements est avant tout d’effectuer des transactions. Autrement dit : envoyer de la valeur d’un point A à un point B le plus rapidement possible, en dépensant le moins d'énergie possible. À présent, concentrons-nous donc sur leur cœur de métier et voyons comment chaque parti se débrouille.

Je vais appuyer tout mon raisonnement sur le tableau suivant, fourni dans l’étude. Non seulement il compare le système bancaire classique au réseau Bitcoin dans son état actuel mais il va plus loin. Le réseau Bitcoin n’est actuellement pas utilisé à sa pleine capacité, les données sont donc également projetées avec un réseau à sa pleine capacité. A noter que cela n'entraînerait pas davantage de consommation. Pour être clair, aujourd’hui les blocs créés toutes les 10 minutes ne sont pas remplis entièrement et chaque bloc d’une taille maximum de 4 Mo (environ 10k transactions appelées “Tx”) n’est rempli que d’environ 1,2 Mo (2,6k Tx) en moyenne.

Avant de plonger dedans, il est nécessaire d’aborder une dernière variable qui entre en jeu : les paiements instantanés. Depuis quelques années, les banques ont mis à notre disposition des options de virement instantané qui permettent d’effectuer des virements en quelques secondes. Vous vous en doutez, Bitcoin possède également sa petite innovation à ce sujet, mais je ne vous en dis pas plus pour l’instant.

https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=4125499

Tout d’abord, parlons de durée. Pour qu’une transaction soit effectuée, nous nous situons autour des 10 minutes sur le réseau Bitcoin (1 bloc) contre environ 2 jours avec le système bancaire classique.

Ensuite, toujours d’après l’étude, la consommation du réseau Bitcoin est de 88,95 TWh par an. Si nous rapportons cela au nombre de transactions qu’il peut effectuer et au temps nécessaire pour réaliser une transaction : Bitcoin serait donc moins efficient énergétiquement que le réseau bancaire et les systèmes de paiement actuels. Bien que d’après les chiffres présentés, le réseau Bitcoin consomme 28 fois moins, il faut prendre en compte que le réseau actuel est capable d’absorber bien plus de transactions que celui de Bitcoin (3,14 milles milliards pour le système actuel vs 136 millions pour le réseau Bitcoin actuel et jusqu’à 793 millions). Toutefois, n’oublions pas que Bitcoin permet d’effectuer une transaction 413 fois plus rapidement en moyenne.

J’espère que vous n’avez pas trop mal au crâne, et si c’est le cas voici un petit résumé : avec l'utilisation actuelle du réseau Bitcoin, il est 26% moins efficient que le système actuel mais les blocs n’étant pas entièrement remplis, nous pouvons donc absorber plus de transactions sans consommer plus et ainsi avoir une meilleure efficience. Il faut bien comprendre que lorsque nous parlons d’efficience,  nous décrivons la faculté du réseau à effectuer une transaction le plus rapidement possible, en un minimum de temps et en consommant le moins d'énergie.

Bon,  tout cet engouement autour du Bitcoin pour simplement multiplier l'efficience des transactions par 3 ou 4 dans un futur très hypothétique me parait un peu léger… Après avoir lu nos 3 articles sur le sujet, balayé des notions complexes et abstraites et vu passer 90 chiffres tout aussi farfelus les uns que les autres, je pourrais comprendre votre déception. Désolé, c’est loin d’être fini. Grâce à une innovation sur le réseau Bitcoin, appelée Layer 2, nous avons franchi un cap. Son petit nom ? Le lightning network. Nous allons voir que cette innovation permet de faire mieux que Bitcoin “tout seul”, vraiment beaucoup mieux !

Le graphique que je vous ai présenté ci-dessus nous permet de comparer toutes les solutions existantes. Jusqu’ici nous n’avions volontairement pas inclus le lightning network. Pour que vous compreniez bien en quoi c’est un “game changer”, voici  à nouveau cette comparaison, en incluant cette fois le lightning network :

  • Système actuel : permet de réaliser une transaction en 2 jours, avec une capacité de 100k Tx/s,
  • Réseau Bitcoin + lightning network : permet de réaliser une transaction en moins d’une 1 seconde, avec une capacité de 1M Tx/s,
  • Systèmes de paiement instantané actuel :  permet de réaliser une transaction en 7 secondes mais avec un maximum de 1000 Tx/s.

D’après ces chiffres, le réseau Bitcoin combiné au lightning network est 1000 fois plus performant que le système bancaire instantané.

Enfin, nous n’avons presque pas parlé de consommation jusqu’ici. C’est pourtant bien le sujet qui nous intéresse à l’origine. Rappelez-vous que le réseau Bitcoin en l’état actuel est presque 600 fois plus consommateur que le système actuel si l’on rapporte sa consommation à une transaction. Mais la vitesse de transaction lui permet d’être seulement 26% fois moins efficient en prenant ces deux paramètres en compte. Intégrons désormais le lightning network à l’équation : avec celui-ci le réseau Bitcoin consommerait 1000 fois moins d’énergie pour une transaction par rapport au système actuel. Dans le cas du système bancaire instantané, cela passe à 1 millions de fois moins et 194 millions pour le système classique. La combinaison d’une rapidité de 0,5 seconde par transaction, d’une capacité d’absorption des transactions colossale et la non augmentation de la consommation électrique du lightning network lui permettrait d’être tout simplement incomparable au système actuel en termes d'efficience.

Attention, bien qu’aujourd’hui l’utilisation du réseau Lightning est en constante augmentation, elle reste encore faible. Il n’est utilisable que depuis 2018 et comme toute innovation, elle manque clairement de maturité pour absorber subitement une demande mondiale. Son fonctionnement implique un besoin de liquidité sur le réseau et celle-ci est encore trop faible pour absorber tous nos besoins actuels. Une plus grande adoption de la technologie est nécessaire pour que le lightning network puisse remplir pleinement son rôle : rendre le réseau Bitcoin scalable à l’infini (ou presque).

Pièce montée d’écologie, fourrée à la pollution

Vous l’avez compris, dans la mesure où les chiffres présentés seraient exacts, la consommation et l’efficacité de Bitcoin combinée au lightning network serait incomparable au système actuel . Nous sommes loin du cliché disant que le réseau Bitcoin consomme beaucoup pour rien, qu’il n’est pas sécurisé, qu’il n’est pas scalable, etc. Quand bien même l’ensemble de la production électrique alimentant les fermes de minage serait basée sur des énergies exclusivement fossiles ou non renouvelables, il faut admettre qu’un modèle centré sur Bitcoin et le lightning network serait bien plus favorable en terme de consommation globale. Est-ce que je vous aurais écrit un article sur l’impact écologique (positif) du Bitcoin s’il ne proposait pas mieux que notre système actuel ? Sûrement pas, car la magie absolue du Bitcoin réside en sa capacité à créer de la valeur à partir d’énergie inutile, gâchée et en surplus. Je vous explique !

Commençons par quelques statistiques pour poser les bases : Bitcoin représenterait donc moins de 0,5% de la consommation d’électricité mondiale mais surtout, 0,05% des émissions de CO2. Cela serait dû au fait qu'aujourd'hui, selon les données du Bitcoin Mining Council, un conseil des mineurs de Bitcoin, 58,4% des mineurs utiliseraient un mix énergétique renouvelable. Alors oui, 41,6% d’énergies polluantes reste un chiffre élevé mais cela en ferait malgré tout une des industries les plus vertes sur Terre, rien que ça.

Au-delà de l’aspect “vert” du minage, il faut également comprendre d’où vient l’électricité. Ne vaudrait-il pas mieux utiliser les surplus d’exploitations de gaz qui, on le rappelle seraient brûlés dans tous les cas, pour miner plutôt qu’utiliser l’électricité de panneaux solaires bien plus utile pour alimenter un village ? Voici un exemple pour illustrer ce propos. Saviez-vous que par contrainte logistique et économique certaines exploitations pratiquent le torchage ? En bref, du méthane est extrait pendant l’extraction de pétrole. Cette quantité est cependant insuffisante pour être économiquement intéressante. Il était donc coutume de le rejeter dans l'atmosphère (les anglais appellent ça le "venting", j’appellerai ça “polluer plutôt que de payer”). Or, le méthane est un gaz produisant un effet de serre 28 fois supérieur au CO2 sur une durée de 100 ans et 84 fois durant les 20 premières années dans l'atmosphère. Il serait donc préférable de le brûler (flaring) mais tous les industriels ne le font malheureusement pas.

C’est dans ce genre de situation que le mining prend tout son sens. Plutôt que de gaspiller les excédents d’énergie extraits, pourquoi ne pas les utiliser pour produire une électricité locale, à coût presque nul et tirer des bénéfices de ce minage ? D’un point de vue économique cette opération est gagnante à 100% car l’exploitant mine avec une électricité quasiment gratuite. Et si vous avez bien suivi, vous devez savoir que le coût de l’électricité est la clé du minage de Bitcoin. Si le coût en électricité est presque nul, miner du Bitcoin est 100% rentable, peu importe son prix.

Par ailleurs, d’un point de vue écologique, le procédé de combustion du gaz est bien plus supervisé pour maximiser les rendements énergétiques, limitant ainsi la pollution. Il faut également savoir que bien qu’interdit, le "venting'' est toujours pratiqué car plus économique pour l’exploitant. Avec Bitcoin les industries sont donc poussées à rentabiliser ces excédents. D’ailleurs, notre université favorite (Cambdrige) a estimé que la quantité d’électricité qu’on pourrait produire grâce au flaring mentionné précédemment est de 688 TWh soit 7,2 fois la consommation du réseau Bitcoin, à méditer.

Jusqu’ici nous ne parlions que des excédents d’énergie non renouvelables, mais il se passe exactement la même chose avec les sources d’énergie renouvelable. Il est très difficile de stocker l’énergie produite par ce type de source car nous ne maîtrisons pas la production (vent, soleil, courant, etc.). Il arrive donc très souvent que la production soit bien supérieure aux besoins de consommation. Dans ces situations, l’énergie produite est inutilisée et donc gâchée. Vous me voyez venir ? Bitcoin permet de brancher les machines seulement lorsque le réseau est en surproduction et ainsi rentabiliser ces périodes inexploitées. Bien évidemment, la consommation énergétique du Bitcoin ne doit pas être préférée à celle des populations locales, sinon nous perdrions l’intérêt écologique du processus. Mais sachez que les périodes de surproduction sont plus fréquentes que l’on ne pense. Par exemple, en Chine les surplus de production d’énergies renouvelables s’élèvent à environ 105 TWh, de quoi largement alimenter le réseau Bitcoin sans pour autant cannibaliser les besoins en énergie électrique du pays.

Et je ne vous ai même pas encore parlé de l’impact social que je vous avais promis en début d’article. Je vous propose donc d’introduire une entreprise française qui a parfaitement compris l’intérêt du mining “vert” et qui l’a transformé en miracle social.

Solution issue de l'agriculture biologique 100% française

Plaçons-nous dans des pays en voie de développement, comme en Afrique ou en Amérique du Sud. Ce sont des pays avec des ressources colossales, des capacités de production d’énergie non utilisées et avec un très fort potentiel de croissance (volcan/géothermique, barrages, solaire, etc.).

Produire de l’énergie à l’échelle d’un pays se fait en 2 phases majeures : construire la centrale qui va produire l’énergie électrique à partir d’une énergie renouvelable puis distribuer cette énergie via un réseau de distribution. Pour construire une centrale, il faut trouver une source d’énergie puis construire l'infrastructure permettant de l’utiliser et la convertir en électricité. Ces premières étapes sont coûteuses et difficiles à entreprendre pour des pays en voie de développement. Dans certains pays néanmoins, des centrales sont en construction ou déjà construites, mais sans avoir de réseau ni de population à alimenter. La difficulté majeure réside dans la capacité à distribuer efficacement et de manière homogène cette énergie à l’ensemble de la population. Le coût pour construire les infrastructures nécessaires est colossal et difficile à rentabiliser. C’est pour cette raison que dans les pays peu développés, ce sont principalement les grandes villes qui sont alimentées.

Revenons-en alors à un sujet que nous avons déjà abordé : les excédents de production inutilisés. Bien qu’elles ne soient, a priori, pas conçues pour fonctionner à 100% de leur capacité en permanence, ces centrales sont destinées à alimenter bien plus qu’elles ne font actuellement. Leur capacité de production serait donc supérieure à ce qui est réellement produit. Étant donné que l’énergie produite est considérée aujourd’hui comme renouvelable, cela constitue une source d’exploitation supplémentaire.

Vous me voyez venir ? Vous sentez venir cette solution qui d’apparence serait contre-intuitive car particulièrement consommatrice d’énergie mais qui, finalement, pourrait s’avérer être une solution ?

Inutile de faire durer le suspens, vous savez très bien que je vais encore vous parler du Bitcoin. Une fois n’est pas coutume, Bitcoin seul n’y arrivera pas. Il a besoin de cerveaux qui ont compris ces problématiques bien avant tout le monde et qui ont construit une solution sur-mesure. Ces cerveaux sont les fondateurs de l’entreprise française Big Block Green Services Mining (BBGS Mining).

BBGS Mining collabore directement avec les Etats dans le but d’installer des fermes de minage dans ces fameuses centrales où la production serait largement supérieure à la consommation locale. Toute l’énergie produite en surplus est utilisée pour miner et générer directement de l’argent (en revendant directement les bitcoins fraîchement minés). Cet argent pourra être réinvesti dans la construction d’autres centrales ou tout simplement dans le réseau de distribution afin de l’étendre au reste de la population.

Pour vous donner quelques exemples, le Salvador, le Kazakhstan ou encore la République Centrafrique qui collaborent déjà avec BBGS dans cet objectif. Le Salvador étant pionnier dans ce domaine. J’admets malgré tout omettre volontairement la production d’électricité carbonée dans lesdits exemples dans la mesure où cela sort du cadre de cette partie. Cela reste toutefois un point d’ombre à prendre en compte pour l’avenir.

BBGS et ses fondateurs ont deux rôles bien distincts. Le premier est de conseiller gratuitement ces états afin d’établir la faisabilité et les motivations à l’implémentation de solutions de ce type. Le second se présente sous la forme d’un service clé en main sous forme d’un conteneur rempli de machines prêtes à l’emploi qu’il suffit de brancher au réseau électrique de la centrale. N’hésitez pas à consulter leur site internet pour vous renseigner sur leurs services qui sont extrêmement intéressants et porteurs d’espoir à mon sens : https://www.bbgsmining.com/fr/home.

Conclusion

Très franchement, je pourrais encore vous faire des dizaines de pages sur le mining, son impact social et environnemental, BBGS, etc… mais cet article est déjà bien assez long. Quoi qu’il en soit, j’espère qu’il servira de petite graine dans votre esprit et que cette graine germera au fil de vos recherches si le sujet vous intéresse.

Nul besoin d’être un crypto enthousiaste ou de posséder des crypto-actifs pour s’intéresser à ces problématiques. Et bien sûr, rien n’est plus important que de s’informer et croiser ses sources avant de se faire un avis tranché et définitif sur le sujet; que cet avis soit positif ou négatif. D’ailleurs, il serait tout aussi contre-productif de vouer un culte au Bitcoin sans avoir conscience des thématiques que nous abordons dans cette série de 4 articles. Malgré tout le bien que j’ai pu dire de cette technologie révolutionnaire, Bitcoin et sa preuve de travail ont leurs limites. Bien que le lightning network l’aide à évoluer, dans ce que j’estime être le bon sens vis à vis du remplacement du système bancaire tel qu’on le connaît, des alternatives encore plus "vertes" voient le jour sur des secteurs tout aussi vastes. C’est notamment le cas du réseau Ethereum, ses concurrents et sa récente preuve d’enjeu. C’est ainsi que je conclurai cet article en citant le principal concurrent de Bitcoin en guise d’exemple, pour je l’espère inspirer vos recherches futures.

Enfin, si ce menu ne vous a pas encore complètement rassasié, sachez que d’autres articles sont prévus dans les prochains mois. Mais si vous êtes aussi impatients que moi, de nombreuses ressources sont disponibles. En voici une sélection que je vous conseille :

  • The Bitcoin Standard, de Saifedean Ammous
  • 21 Leçons, de Gigi
  • Les chaînes Youtube : Grand Angle Crypto et Découvre Bitcoin