Améliorez vos relations en équipe en étant congruent !

Qu’est-ce que la congruence ?

D’après le Larousse :

  • Littéraire. Fait de coïncider, de s’ajuster parfaitement.
  • Qualité d’une articulation ou d’une anastomose dont les deux parties s’adaptent parfaitement.

Ce qui nous est d’une grande aide pour tout comprendre… (oui, moi aussi je viens de lire pour la première fois anastomose)

Voici la définition donnée par Agile Garden et correspondant à l’objet de l’atelier : choisir les mots et les actes en accord avec ce que l’on ressent, adaptés à la situation, et en harmonie avec les autres.

Une personne congruente ne porte pas de masque, elle exprime ce qu’elle ressent, croit en ce qu’elle dit, elle tient compte des autres personnes et de la situation. La congruence est notre comportement naturel la plupart du temps au sein d’un groupe. Mais en situation de stress, il nous arrive souvent de perdre cette attitude, nous nous enfermons dans des postures de défense, ce qui bloque la communication, nous freine dans la recherche de solution et a pour effet d’aggraver le problème à l’origine du stress. Cela peut également avoir des conséquences néfastes sur le groupe qui vont perdurer au-delà de la période de stress. Or, l’équipe est le pilier sur lequel repose les projets, il est nécessaire de la préserver.

Les cinq postures de défense

Il est important de quitter nos postures de défense pour adopter une communication congruente, qui nous aidera à être moins stressé et à atteindre plus facilement nos buts. Pour cela, la première chose à faire est de savoir reconnaître ces postures. En voici la liste :

1. Le blâmeur

Il s’agit de la personne qui va désigner des coupables (autres que lui-même) quand le projet tourne mal. Il tient compte de lui-même et du contexte, mais pas des autres. Ses phrases-types seront de la forme : «Nous sommes en retard parce que John a passé des jours sur une user-story simplissime.» ou «Aucun de vous ne sait faire correctement des tests, j’aurais dû tous les faire moi-même.»  Dans le conte, c’est l’attitude de l’empereur.

2. Le suppliant

C’est l’inverse du blâmeur : il se désigne lui-même comme coupable, et il est prêt à tout pour résoudre le problème. Il tient compte des autres et du contexte, mais pas de lui-même. Ses phrases-types seront de la forme : «C’est de ma faute s’il y a tant de bugs, je vais travailler toute la nuit et le week-end pour qu’on puisse livrer dans les temps.» Dans le conte, c’est l’attitude des ministres.

3. Le super-raisonnable

Une personne avec cette attitude ramènera toujours la conversation sur les faits. Elle tient compte du contexte, mais ni d’elle-même ni des autres. Ses phrases-type seront de la forme : «Nous avons 198 anomalies à corriger en 3 jours.» Dans le conte, c’est l’attitude du peuple, qui craint la puissance de l’empereur.

4. L’aimant/haineux

Cette attitude est très fréquente chez les enfants, mais assez rare chez les adultes. Elle consiste à juger chacun en fonction des affinités qu’il aura ou non envers lui. Un aimant/haineux ignore totalement le contexte, pour se concentrer sur lui-même et les autres. Ses phrases-type seront de la forme : «C’est de la faute de John, il est nul. Tout se serait mieux passé si on avait gardé Alfred comme chef de projet, il était vraiment bien.» Dans le conte, c’est l’attitude de l’enfant, qui déteste l’empereur et ne tient pas compte de sa puissance (le contexte).

5. Le distrayant

C’est celui qui va tenter de diriger la conversation sur un autre sujet que les problèmes, qui va plaisanter ou qui va se désintéresser. Il ne tient compte ni du contexte, ni de lui-même, ni des autres. Ses phrases-type seront de la forme : «Que mange-t-on ce midi ?» ou «J’ai un appel, je reviens.» Dans le conte, c’est l’attitude du tailleur.

Schéma illustrant les attitudes de défense et leur rapport avec le contexte, soi et les autres

Schéma résumant les attitudes possibles

Lors de l’atelier, nous nous sommes séparés en 5 groupes (un par posture), chacun devant préparer quelques phrases-type correspondant à ce qu’une personne dirait (selon la posture attribuée) lors d’une réunion d’équipe de crise. Le contexte était un projet dont la deadline pour la livraison au client serait imminente. Toutes les parties prenantes avaient conscience que le projet fonçait dans le mur sans avoir osé l’exprimer, jusqu’à la remontée d’une multitude d’anomalies par la recette. Nous avons ensuite joué les postures préalablement définies, et à la fin chaque équipe devait comprendre quelle était celle interprétée par les autres équipes.

Ce qui a été magique dans cet exercice, c’est qu’alors que nos phrases étaient préparées à l’avance sans la moindre concertation avec les autres équipes, le résultat semblait réel, nous avions vraiment le sentiment qu’une réunion d’équipe aurait pu se passer ainsi ! Ce constat met en lumière le défaut de ces postures : il n’y a aucune conversation, chacun déroulant son monologue, et cela arrive si fréquemment dans la vraie vie que ça nous semble naturel quand c’est joué sans préparation commune.

Comment devenir congruent ?

Trois éléments sont revenus lors de la définition des cinq postures : le contexte, soi et les autres. Être congruent consiste à toujours se préoccuper des trois à la fois. Dans le conte, c’est le père du petit garçon qui est congruent : il tient compte de la situation (c’est l’empereur, un homme puissant, qui est visé), de l’autre (son fils en danger) et de lui-même (il aime son fils).

Un autre élément commun aux cinq postures est le manque d’estime de soi qu’elles reflètent. Contrairement aux apparences, le blâmeur manque de confiance en lui, l’attaque est bien une forme de défense : une façon de faire croire qu’il se sent irréprochable, ou une technique pour ne pas être le seul blâmé. Pour être congruent, il faut faire preuve de confiance en soi et en les autres, ce n’est pas le plus simple.

L’exercice suivant de l’atelier consistait à refaire une réunion d’équipe dans les conditions similaires, mais en étant congruents. Nous avons constaté plusieurs choses :

  • Le dialogue était plus constructif, au lieu de parler de ce qui nous avait amenés dans cette situation stressante, nous mettions au point un plan d’action pour la suite ;
  • L’importance d’exprimer ce que l’on ressent. Il n’est cependant pas nécessaire d’exprimer ses sentiments pour être congruent, tout dépend du contexte, des autres et de soi ;
  • Nous retombions assez facilement dans des postures non congruentes, en blâmant les commerciaux par exemple.

Pour être capable de devenir congruent, il est important de savoir reconnaître les postures chez soi, pour pouvoir les corriger dès qu’on les voit apparaître. Il faut se poser les questions de savoir si nous sommes OK avec ce que nous proposons, si l’autre est OK, et si c’est OK avec le contexte. Nous croyons en ce que nous disons, et nous partons du principe que nous avons le choix.

Il est facile et rapide de rapprocher la congruence de la Communication Non Violente. Une demande non violente part d’une observation factuelle (le contexte), exprime nos sentiments et notre besoin (soi) en laissant le choix à son interlocuteur (l’autre) sur la façon dont il répondra à ce besoin.

Le dernier exercice de l’atelier consistait à chercher notre propre posture «pilote automatique», celle que l’on prend le plus spontanément en situation de stress. Cette posture peut être différente dans la vie privée qu’au travail. Nous avons constaté d’ailleurs qu’il nous était bien plus facile de découvrir notre «pilote automatique» à la maison que celui du travail. C’est une théorie toute personnelle qui m’est venue après cette rencontre, mais je me demande si ce n’est pas parce que notre attitude automatique diffère plus en fonction des autres que du contexte. Ainsi, il est très facile de comprendre comment on réagit automatiquement en couple, car c’est toujours avec la même personne. Au contraire, au travail, nous n’avons peut-être pas le même «pilote automatique» selon la personne face à nous, le rapport hiérarchique ou sa personnalité peut jouer, et il n’y a donc pas de préférence globale pour le travail.

L’essentiel à retenir

Je reprends telle quelle la conclusion de l’atelier :

  • Règle #1 : Veillez à être congruents
  • Règle #2 : Adoptez les valeurs de l’agilité – communication, simplicité, feedback, courage et respect
  • Règle #3 : Travaillez à un rythme soutenable

Crédit dessin :

http://agilefairytales.wordpress.com/about/the-emperors-new-clothes/

Tweet about this on TwitterShare on FacebookGoogle+Share on LinkedIn

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*